Chapitre 5
CHAPITRE IV : L’ÉPAULE D’ATHOS, LE BAUDRIER DE PORTHOS ET LE MOUCHOIR D’ARAMIS
404 mots•3 min
D'Artagnan, en sortant précipitamment de chez M. de Tréville, ne tarda pas à se heurter à deux autres mousquetaires.
D'abord, il bouscula Porthos, qui étalait son magnifique baudrier. En voulant s'excuser, d'Artagnan souleva par mégarde le manteau du géant, révélant que le baudrier n'était d'or que par-devant et de simple buffle par-derrière. Porthos, humilié dans sa vanité, entra dans une fureur noire.— Monsieur, vous me rendrez raison de cette impertinence ! s'écria-t-il.— À une heure, derrière le Luxembourg, répondit d'Artagnan.
Quelques pas plus loin, il vit Aramis qui discutait avec des gardes. Le jeune mousquetaire avait laissé tomber un mouchoir de dentelle fine. D'Artagnan, croyant bien faire, le ramassa et le lui rendit devant ses compagnons. Mais Aramis, qui voulait cacher la provenance galante du mouchoir, fut piqué au vif par cette indiscrétion.— Monsieur, vous êtes un maladroit, dit Aramis d'un ton mielleux mais glacial.— À deux heures, chez M. de la Trémouille, conclut d'Artagnan.
En moins d'une heure, le jeune Gascon s'était attiré trois duels avec les trois plus célèbres mousquetaires de Paris. Il se rendit d'abord au rendez-vous de midi aux Carmes-Deschaux pour affronter Athos.
Athos l'attendait, toujours souffrant de sa blessure. Porthos et Aramis arrivèrent peu après pour servir de seconds à leur ami. Quelle ne fut pas leur surprise de voir que le même jeune homme devait les affronter tous les trois successivement !
— Monsieur, dit Athos, j'admire votre courage, mais vous allez mourir jeune.— C'est possible, monsieur, répondit d'Artagnan, mais je mourrai en gentilhomme.
Alors qu'ils s'apprêtaient à croiser le fer, une troupe de gardes du cardinal, commandée par M. de Jussac, apparut soudain.— Holà ! messieurs les mousquetaires ! s'écria Jussac. On se bat en duel malgré les édits du roi ? Vous êtes nos prisonniers !
Athos, Porthos et Aramis se regardèrent. Ils étaient trois contre cinq gardes.— Que faire ? murmura Porthos.— Se rendre est impossible, dit Athos.
D'Artagnan comprit que c'était sa chance.— Messieurs, dit-il, vous n'êtes que trois, mais avec moi, nous serons quatre. Je n'ai pas encore l'habit, mais j'ai l'âme d'un mousquetaire !
Les trois compagnons acceptèrent l'aide du jeune Gascon. Le combat fut acharné. D'Artagnan affronta Jussac lui-même et, après une lutte héroïque, le désarma et le blessa. Athos, Porthos et Aramis triomphèrent également de leurs adversaires.
Les gardes du cardinal furent mis en déroute. Ce fut le début d'une amitié légendaire. Les quatre hommes rentrèrent bras dessus bras dessous, en criant : "Tous pour un, un pour tous !"
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Fin du chapitre
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