Chapitre 4
CHAPITRE III : L’AUDIENCE
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M. de Tréville était en ce moment de fort mauvaise humeur. Néanmoins, il salua poliment le jeune homme, qui s'inclina jusqu'à terre.
— Monsieur, dit d'Artagnan en s'exprimant dans son meilleur béarnais, je me présente à vous, recommandé par mon père, qui a eu l'honneur d'être votre ami.— Ah! vous êtes le fils de ce brave d'Artagnan? dit le capitaine avec un sourire qui rendit un peu de courage au jeune homme.— Oui, monsieur.— Et vous m'apportez une lettre de lui, n'est-ce pas?— Monsieur, balbutia d'Artagnan, j'avais cette lettre, mais elle m'a été volée.
D'Artagnan raconta alors son aventure de Meung avec tous les détails. M. de Tréville l'écouta avec une attention croissante. Quand le jeune homme eut fini, le capitaine resta un moment pensif.
— C'est fâcheux, dit-il enfin, car cette lettre était votre seul titre. Mais puisque vous êtes le fils de mon vieil ami, je ne vous abandonnerai pas. Je ne peux pas vous faire entrer immédiatement dans les mousquetaires, car il faut d'abord avoir fait ses preuves dans d'autres corps ou accompli des actions d'éclat. Mais je vais vous faire admettre dans l'académie de M. de Essarts, où vous apprendrez tout ce qu'un gentilhomme doit savoir.
D'Artagnan remercia avec effusion. Il sentait que, malgré la perte de sa lettre, son avenir commençait à se dessiner.
Soudain, par la fenêtre, d'Artagnan aperçut l'homme de Meung qui passait dans la rue.— Le voilà! s'écria-t-il, c'est lui! mon voleur!Et sans attendre, oubliant toute étiquette, le jeune Gascon s'élança hors du cabinet, dévala l'escalier et se précipita dans la rue à la poursuite de son ennemi.
Mais dans sa hâte, il ne vit pas un mousquetaire qui sortait d'une porte latérale et vint donner de la tête contre son épaule. C'était Athos, qui, blessé lors de la dernière escarmouche, portait son bras en écharpe.
— Monsieur, dit Athos d'une voix calme mais sévère, vous êtes bien pressé pour un homme qui ne sait pas où il va.— Pardon, monsieur, dit d'Artagnan, mais je suis pressé.— Vous m'avez fait mal, monsieur, et vous ne vous excusez pas?— Je vous ai dit pardon.— Cela ne suffit pas.
D'Artagnan, impatienté, répondit vivement. Le ton monta.— Monsieur, dit enfin Athos, vous me trouverez à midi près des Carmes-Deschaux.— J'y serai, monsieur, répondit d'Artagnan.
Et il reprit sa course, sans se douter qu'il venait de se donner un premier rendez-vous de duel avec l'un des plus braves mousquetaires du roi.
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Fin du chapitre
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