Chapitre 3
CHAPITRE II : L’ANTICHAMBRE DE M. DE TRÉVILLE
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M. de Troisville, comme s’appelait encore sa famille en Gascogne, ou M. de Tréville, comme il s’était fini par s’appeler lui-même à Paris, avait réellement commencé comme d’Artagnan, c’est-à-dire sans un sou en poche, mais avec ce fonds d’audace, d’esprit et de résolution qui fait que le plus pauvre cadet gascon reçoit souvent plus en espérance de l’héritage paternel que le plus riche gentilhomme du Périgord ou du Berry ne reçoit en réalité.
Sa bravoure insolente, sa fortune plus insolente encore dans un temps où les coups pleuvaient dru, l’avaient porté au sommet de cette échelle difficile qu’on appelle la faveur de cour, et qu’il avait gravie quatre échelons à la fois. Il était le capitaine des mousquetaires du roi, et jouissait d’une autorité qui confinait à la puissance.
L’antichambre de M. de Tréville, située rue du Vieux-Colombier, ressemblait à un camp. Une foule de mousquetaires, de solliciteurs et de courtisans s'y pressait. Les mousquetaires, vêtus de leur casaque bleu de ciel avec la grande croix d'argent, allaient et venaient, faisant résonner leurs éperons et leurs longues épées.
D’Artagnan, encore tout étourdi de son aventure de Meung et de la perte de sa lettre, se fraya un chemin à travers cette foule bruyante. Il admirait ces hommes d'élite, dont les noms — Athos, Porthos, Aramis — circulaient avec respect et crainte. Il vit Porthos, un mousquetaire de taille gigantesque, qui étalait avec orgueil un baudrier magnifique, tout brodé d'or, bien que le reste de son équipement parût plus modeste.
Soudain, la porte du cabinet de M. de Tréville s'ouvrit. Un huissier annonça que le capitaine recevait. D'Artagnan sentit son cœur battre. Il allait enfin rencontrer l'homme qui pouvait faire sa fortune, mais il arrivait les mains vides, sans la précieuse lettre de recommandation de son père.
En entrant, il vit M. de Tréville, un homme au regard d'aigle, qui semblait lire dans les âmes. Le capitaine était en train de réprimander trois de ses meilleurs hommes pour une récente escarmouche avec les gardes du cardinal de Richelieu. Ces trois hommes n'étaient autres qu'Athos, Porthos et Aramis.
D'Artagnan attendit son tour, observant avec fascination ce monde de fer et d'honneur où il espérait tant se faire une place.
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Fin du chapitre
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